Starcrash

Fiche Technique

  • Titre
    Starcrash
  • Date de sortie
    1978
  • Réalisé par
    Luigi Cozzi
  • Acteurs
    Marjoe Gortner, Caroline Munro, David Hasselhoff, Christopher Plummer.
  • Durée
    1h30
  • Genre
    Space Opera
  • Version française
    Le choc des étoiles

Paru un an à peine après Star Wars, Starcrash, de l’italien Luigi Cozzi, cache à peine son intention de copier la formule du succès de George Lucas. Allant même jusqu’à piller la science-fiction en entier, Cozzi érige son opus en véritable farce, en hommage ambulant au genre, qui ne tient sa fraîcheur qu’à l’amplitude des efforts déployés sur les costumes, les décors et les effets spéciaux. Qu’à cela ne tienne, le tout remporte un vif succès, notamment grâce à l’apport du producteur Roger Corman qui distribue le film aux États-Unis, et ouvrira la porte aux copies bon marché qui voient maintenant la chose comme étant économiquement viable. Nous pouvons donc remercier Starcrash pour bon nombre de sous Mad Max, sous Alien et sous Jaws…!

Stella Star: Brave demoiselle qui effectue toutes les missions dangereuses dans le but de stopper l’ascension du dictateur Zarth Arn. Malgré tous les périls auxquels elle fait face, elle n’oublie jamais sa trousse de maquillage et sa garde-robe personnelle composée d’un éventail impressionnant de différents costumes de cuir sexy.

Akton: Furieusement enthousiaste, cet être immature affublé du plus louche des afros à bouclettes passe le plus clair de son temps à nous déconcerter avec ses faciès de débile. Notre timbré national a également la bien vilaine manie de se tapir bien au fond du vaisseau à ne rien faire pendant que tous ses amis risquent leur vie, ce qui nous vaudra quelques séquences dans lesquelles il préfèrera faire joujou avec un laser portatif et s’émerveiller devant les couleurs du tableau de bord plutôt que de s’amener en renfort afin de faire face aux innombrables dangers de la mission.

Ce pleutre lamentable FRISE la démence!

Élias: Compagnon robotisé fabriqué de matériaux contre-indiqués pour à peu près la totalité de ses usages (tels le plastique et l’aluminium) qui seconde l’équipage dans leurs aventures. Sa faible résistance aux chocs et sa programmation en mode geignard font de lui un outil plutôt désagréable à écouter bavarder, surtout avec le doublage anglais où il se retrouve avec le pire accent de Texan caricatural possible.

Je suis un automate et j’ai perdu la guerre de sécession!

Simon: David Hasselhoff! Avant de lécher des burgers à même le sol et de jouer dans des séries à succès comme Baywatch et Knight Rider (sans oublier quelques glorieux films, dont Anaconda 3), notre adonis tentait de percer le marché du cinéma international en lançant des rayons laser avec ses pommettes et en s’engageant dans des combats d’escrime au lightsaber.

Thor: Chargé de mission travaillant secrètement pour l’ennemi. Je suppose que son maquillage doit donner l’impression qu’il provient d’une planète étrange dans un quelconque racoin de galaxie, mais cela fonctionnerait autrement mieux si l’épaisseur dudit maquillage empêchait de percevoir la couleur beige de la peau par grosses bandes sous les yeux ainsi qu’au ras de la nuque.

On ne pouvait vraiment pas se permettre plus qu’une pastille de gouache d’halloween?

Zarth Arn: Grand chef aussi ténébreux que mal famé qui rêve de succéder à l’empereur et de prendre possession de l’univers entier. Son psoriasis facial, sa barbichette inégale et ses trop nombreux exubérants mouvements de cape font de lui un adversaire qui ne manque pas de panache.

Z’êtes glorieux, sire…

L’empereur: Clone de Jules César coquettement habillé de plastrons et toges d’or teints qui se fait d’abord connaître sous la forme d’un hologramme. D’ailleurs, sous son mode holographique, notre homme ne perd aucunement son sens de la théâtralité, terminant ses apparitions en marchant hypocritement vers le néant, plutôt que de simplement presser le bouton qui permettrait la fin de la transmission.

Stella Star et Akton sont poursuivis inlassablement par la police de l’espace pour contraventions impayées. Désirant à tout prix éviter ces coûts exorbitants, ils préfèrent lancer leur navette spatiale en mode hyperespace, malgré le fait qu’ils aient 10% de chances d’y survivre.

Si je comprends bien, l’hyperespace est un écran de veille de Windows ’95?

À la fin de ce mode hyperespace, ils réalisent que s’ils avaient continué une seule seconde dans la même direction, ils seraient morts! Nullement effrayés par cette perspective, nos amis blaguent, se lancent des commentaires coquins et prennent le thé. Malheureusement pour eux, les policiers usent du temps imparti pour resserrer l’étau, les capturant et les envoyant dans un tribunal fantoche officié par un mollusque de chair ignoble surplombant les accusés dans sa bulle de verre.

Mise aux travaux forcés (qui consistent à transporter des boules d’uranium de la grosseur d’un ballon de plage dans un réservoir fumant qui doit irradier diablement et donner des tumeurs à quiconque respire une bouffée d’air à un kilomètre à la ronde), Stella Star attire l’attention de deux de ses collègues et fomente un plan d’évasion en deux phrases.

Un allié recruté pour ses convictions profondes.

Une fois l’évasion réussie, notre héroïne retrouve son compagnon ainsi qu’un amiral de bord verdâtre et un robot républicain afin de former une escouade capable de sauver la galaxie.

Digne d’une carte postale.

Rencontrant moult dangers sur leur chemin (dont des amazones trottant sur de pauvres destriers chevalins affublés de casques en plastique), notre équipe se dirigera vers le repaire maudit de Zarth Arn, qui se manifeste sous la forme d’une main, afin de le détrôner et de gâcher la manucure de sa citadelle du cosmos.

Au moins ils ne poussent pas l’audace jusqu’à lui faire faire un doigt d’honneur…

  • Le système électrique des vaisseaux spatiaux ne connaît jamais de ratés lorsque le cockpit subit d’intenses vibrations lors d’un atterrissage, mais il s’avoue volontiers vaincu sans aucune raison valable quand un être malfaisant tente de s’en emparer et de décoller.
  • Les engelures n’existent pas, si bien qu’un corps composé de chair et laissé à deux cents degrés sous le point de congélation pendant plusieurs heures pourra se faire passer dans un micro-onde laser et, après coup, reprendre ses tâches habituelles comme si rien ne s’était passé. Il faut dire que pour Roger Corman, une héroïne sexy au visage couvert de cloques et aux extrémités sciées en moignons serait peu vendeur.

    Avertissement: toute similitude avec une statue de pierre tombale ne serait que purement fortuite.

  • Il est possible de communiquer distinctement avec quelqu’un se trouvant à L’INTÉRIEUR d’un cockpit, dans une navette DISTANTE, en parlant d’une voix normale à l’intérieur d’un scaphandre hermétique sans microphone, alors que l’on flotte dans l’espace.
  • Dans un futur distant, nous troquerons les ascenseurs pour des pôles de pompier.
  • Certains êtres ultra puissants peuvent ARRÊTER LE FLOT DU TEMPS!… mais seulement pendant trois minutes…
  • Inutile de faire une relecture de l’intertitre initial traduit en français, puisque personne ne sait que répandre ne s’écrit pas avec un « e » de toute manière!

    C’est pas de sa faute, Zarth Arn est trop occupé avec la conquête du monde pour étudier!

  • Mourir en scandant son propre nom est un signe ultime de narcissisme malsain.
  • Malgré le fait qu’un ami cher sacrifie sa vie pour nous et que nous disposons amplement du temps nécessaire pour organiser le transport de son corps, nous préférons laisser le cadavre exploser en miettes dans l’autodestruction d’une forteresse et ainsi économiser les frais reliés aux obsèques.
  • Tenter de capitaliser sur le succès d’un film déjà existant en copiant sa recette ne nécessite aucune subtilité.

    Je sais que j’ai déjà vu une intro de vaisseau spatial qui défile, mais où?

  • Les constructions interstellaires de plusieurs kilomètres de circonférences ne peuvent résister à l’impact d’une simple petite fusée et explosent complètement et d’un seul coup au moindre contact.

  • Fuyez le « raz de marée de nuée rouge », ce virus de l’espace formé de bulles corpulentes fuchsia flottant nonchalamment en semi transparence par-dessus la vision, servi avec un accompagnement d’effets sonores alarmants!

    Même ces accoutrements princiers ne peuvent stopper la contagion.

  • Prenez part à une séance de tirs au laser expérimentaux qui défient les lois de la physique! Voyez fuser les lignes grotesquement ajoutées au montage qui paraissent dans des angles que les plus fins géomètres ne pourraient prévoir! Pendant quelques instants, il semblerait que même les murs et le plafond servent de cible et répliquent avec des lasers de leur cru.

    Prenez garde, j’introduis deux décharges lignées formant un triangle isocèle avec ce réservoir!

    Et de ce côté je vous balance un angle obtus d’amplitu… Hey, mais cette boîte de carton me tire dessus! *ZWOOP*

    Arghhhh! *FZZZZZZ* Fin de la leçon, rangez vos compas!

  • Énervez-vous devant l’affrontement titanesque entre les machines en image par image et nos héros qui brandissent fièrement le sabre laser!

    Que la force soit avec le fer à friser!

  • Restez désarçonnés devant la stratégie de combat des rebelles qui propulsent des torpilles spatiales AVEC DES GENS dedans, directement visés dans les minuscules FENÊTRES (oui oui, en verre…) de la forteresse, qui éclatent. Évidemment, la proximité avec l’espace par les fenêtres béantes ne trouble aucunement l’équilibre atmosphérique à l’intérieur et n’a absolument aucun effet sur les belligérants qui s’envoient des lasers par la tête (du côté des méchants, avec des bat-arbalètes laser).

    La torpille file à vive allure dans l’espace pendant que ses occupants s’écrabouillent assurément au fond!

    Sbires: « Ouais, c’était peut-être pas génial finalement de faire construire la grosse bay window… »

    Coucou!

    Rendez-vous! Sinon vous serez chargé le double du prix coûtant pour le remplacement des carreaux!

  • Économisez lors de vos prochains voyages extra-planétaires en vous procurant les scaphandres Ziploc, qui combinent la puissance isolante du plastique avec le pouvoir scellant du bouchon de liège. Idéal pour quiconque souhaite adopter une solution simple, facile, peu onéreuse et cancérigène.

  • Étourdissez-vous devant les prouesses d’une bande de troglodytes gymnastes multipliant les acrobaties et les sauts en vrille durant lesquels ils moulinent dangereusement leurs bras armés de gourdins en os de mammouth.

    Il doit rire du travail des maquilleurs sur ses prothèses…

– Le visuel du film, tant au niveau des décors, des costumes, des effets et des maquillages, est simplement hallucinant. On ne lésine pas sur les changements de paysages, ce qui infuse assurément une dose d’énergie au projet!

– Hormis Christopher Plummer qui semble vraiment ressentir qu’il s’humilie et s’empoisonne de plus en plus à chaque seconde qu’il respire sur le plateau de tournage, tous les autres acteurs se donnent vraiment à fond dans leurs interprétations et crédibilisent le ridicule de l’ensemble.


– Si l’on atteint presque la folie, on ne nage toutefois pas en plein dedans. Il manque une certaine part d’action fantasque pour hisser Starcrash au niveau ultime.

 

 

Ce serait pécher que de passer à côté des trouvailles et de l’ambiance de cette imitation aussi charmante qu’absurde, même si l’on ne passe assurément pas l’heure et demie au bout de notre siège.

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