Yeti: The Giant of the 20th Century

Fiche Technique

  • Titre
    Yeti: The Giant of the 20th Century
  • Date de sortie
    1977
  • Réalisé par
    Gianfranco Parolini
  • Acteurs
    Mimmo Craig, Antonella Interlenghi.
  • Durée
    1h43
  • Genre
    Phobie d’esthéticienne
  • Version française
    Yéti – Le géant d’un autre monde

Bien que le réchauffement climatique puisse certes contribuer à accentuer la sélection naturelle en donnant des coups de chaleur mortels à quelques vieillards cacochymes qui expirent leur dernier souffle fétide dans leur sofa défraîchi gondolé par leurs gros culs mous trop longtemps pressés sur les coussins, les désagréments qui y sont associés restent plus terribles que ses avantages.

C’est que, voyez-vous, dans le nord arctique, LES GLACIERS FONDENT!

L’enjeu n’est pas que cette eau glaciale vienne chambouler les écosystèmes, modifier les courants océaniques, provoquer une série d’ouragans furieux ou faire grimper le niveau de l’eau de manière dramatique.

Non, non!, le trouble réel est bien pire, plus menaçant que vous pourriez l’imaginer!

Car dans ces icebergs en apparence anodins se cachent en fait des BÊTES PRÉHISTORIQUES qui peuvent à tout moment sortir de leur dormance de par ce réchauffement et venir écraser les villes, raser les paysages et éventuellement causer l’effondrement total de la civilisation!

Imaginé par les italiens (encore eux: quels visionnaires!), notre présent film traite de la venue prochaine d’un Yéti géant, qui n’a, je tiens à le préciser, absolument rien à voir avec le débonnaire sasquatch Harry de Harry and the Hendersons, ni avec ce remake fortuit de King Kong produit une année plus tôt…

Professeur Wassermann: Scientifique au bon goût vestimentaire évident qui refuse d’abord de conduire l’expérience de décongelation du Yéti mais qui finira par accepter devant la possibilité d’aller chasser le caribou dans le nord Canadien. Prépare également de délicieuses soupes aux binnes.

Hunnicut: Ventripotent exhubérant qui croit vraiment que les consommateurs ne pourront résister à un logo où figure une créature préhistorique poilue en faisant du Yéti géant le nouveau visage de sa multinationale.

Jane: Ingénue exerçant malgré elle un magnétisme sexuel évident sur le Yéti. Devant l’ampleur de la chose, elle le renverra donc dans les eaux froides de l’arctique, en espérant que les pulsions mal placées de ce dernier se ratatinent un peu.

Là-bas.

Herbie: Jeune muet entretenant une relation ambigüe avec le règne animal qui participe notamment à une scène de réunion émouvante à l’extra ralenti avec son ridicule Lassie.

Le Yéti: Le tapis de bain de Godzilla en a marre d’être une simple carpette et décide de péter sa crise d’adolescence en détruisant tous ceux qui se trouvent sur son chemin. Cela dit, comme à peu près tout le monde court hors de sa portée sans réel problème, celui-ci finit par faire très peu de victimes.

Cliff Chandler: Avec sa forêt poitrinale, ses bijoux et ses lunettes de fumées style « gino », notre diabolique méchant remplit avec élégance le rôle de vilain du film, dont les sombres desseins nous échappent constamment.

Yo.

Une expédition dans le grand nord fait découvrir à un adipeux qui sillonne le territoire dans une cabine sous un hélicoptère qu’un bigfoot géant (l’abominable homme des neiges en personne) hiberne quelque part dans la calotte glacière! Sans attendre quelque rapport médical mondial sur cette avancée biologique sans précédent, il s’active à faire descendre une équipe de mercenaires avec des flamethrowers pour faire décongeler notre Yéti comme une brique de boeuf haché qui n’attendrait que la chaleur pour reprendre son goût savoureux d’antan.

Après le dégel de l’immense phallus de glace, on branche l’animal géant sur un défébrilateur et on procède à la réanimation de sa cervelle, de son coeur et de ses fonctions motrices. Le docteur confie les commandes à la petite fille d’Hannicut (Jane), complètement inexpérimentée, qui presse les boutons de plastique au hasard et qui ignore comment interpréter le cardiogramme qui produit une série de boules bleues. Par un miracle assez inouï, elle parvient à faire réussir la manoeuvre (et ainsi empêcher au docteur de mettre en échec le projet d’une vie) et se laisse transporter dans un GROS BÂTARD D’HÉLICOPTÈRE qui tient au bout d’une corde une cage dans laquelle est contenu le Yéti. Fait étrange, c’est une réplique quasi exacte d’une boîte téléphonique Anglaise.

« Non, j’en veux pas de vos hosties d’interrurbains illimités! »

Lorsque l’hélico atterrit et laisse la cage sur la terre ferme (ou une foule de Canadiens patriotiques qui parlent italien attendent patiemment en laissant leur automobile rouler, au cas où…), le Yéti ne prend pas de temps à s’agiter et à briser sa prison en métal, tout en lâchant un éventail de cris d’animaux et en exécutant plusieurs faciès hideux.

Exposer la tour du CN en arrière-plan dans un film de Yéti, un excellent coup pour le tourisme torontois.

La police tente d’intervenir, mais leurs balles font peu d’effet, sinon de faire en sorte que le Yéti lèche ses plaies avec arrogance et se met de plus en plus en colère. Il finit par sortir de sa prison, et, après avoir erré en banlieue pour se délier un peu les jambes loin de la foule en panique, il s’amène en ville avec un désir évident de détruire, ce qui ne l’empêche toutefois pas de changer constamment de grandeur selon les plans (50 m, 30m, 10m) et de respecter la signalisation piétonnière.

« Hey, mais que faites-vous, pauvres inconscients? C’est encore la main orange! »

Son parcours de destruction relative le met à la rencontre de Jane, qui est en difficulté et qui chute d’un immeuble. Il n’en fallait pas plus pour que notre mastodonte la sauve et se sente dès lors très attaché à elle et à son jeune frère, qui le convaincront d’aller se cacher dans un hangar le temps que les choses se calment et que le peuple oublie ses envolées brutales.

Bouhhhh!!!

Malheureusement, les choses se compliquent. Cliff Chandler fait assassiner le docteur et blâme le Yéti, en plus de kidnapper les deux enfants! Notre touffu, très sensible, ne manquera pas de se venger en lançant des boîtes de bois sur les sbires, puis en les écrasant et en partant à leur poursuite.

La finale, foisonnante en attaques diverses, sera particulièrement épique et mettra notre gentil toutou au prise avec une remorqueuse (???), suite à quoi, faute de pouvoir continuer à vivre une vie normale en jouant au croquet entre les gratte-ciels, il retournera terrer son gros visage dans les paysages de glace, sous une musique complètement copiée de Carmina Burana!

  • Les ventrus qui décident d’exécuter un magistral rire gras tout en prenant appui sur leurs bretelles se doivent de se calmer en prenant un tranquilisant et en allant dormir sur le champ.
  • Transmettre sons et images pour discuter avec quelqu’un d’outre-mer via un écran ne nécessite aucune caméra ni aucun micro.

    C’est beau la technologie!

  • Il existe des canettes de liquide en spray qui font cicatriser immédiatement n’importe quelle coupure et qui soulagent la douleur au premier contact.
  • Implorer notre barbier de nous trancher la gorge n’est guère un bon moyen de commettre un suicide.
  • Les gens qui sont envahis par la peur préfèrent sortir en panique de leur véhicule et entreprendre une course éffrénée dans la foule en cohue plutôt que de rester dans l’habitacle sécurisant de leur voiture qui circulait sur une route nullement bloquée.
  • Être hors de son habitat naturel provoque une perte importante d’oxygène.
  • La bave de Yeti a des vertus résurrectrices.
  • La myopie empêche de distinguer une créature de deux cents mètres de hauteur qui se tient à quelques pas seulement.

  • Discernez toute la cruauté du monde animal alors que notre bête ne fait pas qu’écraser un méchant, mais le laisse en plus se relever pour l’étrangler entre ses orteils! Hilarant! Nous constatons au passage qu’il pourrait user d’une pédicure…

  • Voyez le Yéti apprendre à manger un gigantesque poisson (on lui montre comment croquer… il n’a pas d’instinct du tout!) et en remettre les restes (la tête et la queue…) à Jane, qui se fâche et décapite la proie en s’exclamant: « les hommes, tous pareils »! Pour se faire pardonner, le Yet’ lui peigne les cheveux avec la colonne vertébrale du poisson!


    Du romantisme à s’en révulser les globes oculaires.

  • Scandalisez-vous en compagnie de deux aînées canadiennes qui ont un angle de choix pour admirer le manque de pudeur du Yéti.


    Elles n’en croient pas leurs lunettes double foyer.

  • Extasiez-vous devant un tas de produits dérivés à l’effigie du monstre qui effraie toute la ville, allant de la station service Yeti (put Yeti in your tank, and you’ll have Yeti power!) au simple t-shirt ringard.


    Le carnaval du Yéti. What the fuck.

  • Horrifiez-vous du sort de Jane, qui est prise dans la cohue et qui se fait lancer dans un ascenseur en bois au plancher à moitié décloué! Le Yéti défonce un mur en plâtre et brise une vitre pour jouer à tirer sur l’ascenseur et le laisser retomber, avant de découvrir que l’objet de sa passion est prisonnière de cet ascenseur et menace de chuter. Notre ami poilu descend alors du building en défonçant les vitres à grands coups de pied pour tenter de l’attraper. Les gens qui réagissent sont des télés dans les trous où devraient être les appartements. Particulièrement horrible, mais pas autant que tous les plans de pieds poilus géants qui se montrent en visiteurs intempestifs dans les baies vitrées intérieures…


    Des logeurs cathodiques.

  • Questionnez-vous sur l’anatomie des voitures, qui explosent dès qu’un rocher ou un arbre projeté par le Yéti les touche!

 – Le Yéti est un personnage délectable, se confondant sans cesse en regards crétins et déclenchant des éclats de rire à chacun de ses cris d’éléphant ou de lion. Son incorporation à l’image est d’ailleurs d’une déficience technique légendaire et transpose le film à un niveau de ridicule rarement atteint pour les effets spéciaux du genre.

 – Le film se classe aisément dans les meilleures « mauvaises » adaptations de créatures géantes à l’écran, avec tous ses aspects manqués, tant au niveau du ficelage du scénario qu’au niveau du réalisme des personnages.

– Le script, incroyablement ennuyant, ne contribue pas à mettre en valeur les personnages ni l’ampleur de la connerie que constitue le Yéti. Dommage.

– Le calque bien trop évident au niveau de la musique, des thèmes, du monstre, est loin de décupler l’aspect comique et laisse plutôt un arrière-goût semi aigre dans la gorge.

Nécessairement amusant, mais néanmoins pas très palpitant, Yeti, giant of the 20th century s’avère une excellente manifestation du clone King-Kongnien manqué, sans toutefois parvenir à y insérer assez d’action pour ne pas ennuyer tout au long. Pour les cinéphiles endurcis, un visionnement serait tout de même de mise!

Durcissement de mamelle géante.

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