For Your Height Only

Fiche Technique

  • Titre
    For Your Height Only
  • Date de sortie
    1981
  • Réalisé par
    Eddie Nicart
  • Acteurs
    Weng Weng
  • Durée
    1h28
  • Genre
    Action/Espionnage

Vous remarquerez dès le départ la plus qu’évidente relation entre James Bond (For your eyes only) et ce petit déchet sympathique qu’est For your height only. C’est donc dire que nous avons affaire ici à un émule de James Bond, à un James Bond nain philippin (pour être plus précis), qui ne se prend pas totalement au sérieux, mais qui était loin d’imaginer l’amplitude de la connerie qu’il allait semer.

« dundedun dun dun dun dundedun dun dun dun dundedun dun dun dun dundedun dun dun dun deDON Do do do »

Le désormais célèbre Weng Weng vous convie à une fête de cascades impossibles, de sauts de nain, de glissage sur rampe et de projections inutiles sur le sol.

Weng Weng/Agent 00: Agent secret nain à la solde des forces philippines qui mène une guerre personnelle contre des organisations terroristes entières. Sa taille lui donne un avantage stratégique lorsque vient le temps de surgir d’un buisson, de sauter de toits en toits et de séduire les demoiselles.

Il commence à se faire tard, j’exige ma fellation.

Irma: Pauvre greluche qui infiltre le camp ennemi pour la beauté des mamelons de Weng Weng (voir la photo plus loin dans la critique), ce qui met évidemment sa vie en jeu. Elle évoquera cet état de fait de manière très éloquente (et bruyante) dans un restaurant en déclarant dans un semi-désespoir hilarant qu’elle se fait tirer dessus de deux à trois fois par semaine. On ignore depuis combien de temps cela dure, mais on peut d’ores et déjà conclure que les tireurs d’élite ennemi auraient intérêt à s’appliquer un peu.

Méchants: Vilaines personnes ayant un goût prononcé pour le poil et les motifs hawaïens qui cherchent à mener leurs petites affaires clandestinement. Il y a une hiérarchie entre ces criminels suintants, mais impossible de vraiment pouvoir saisir le schéma, surtout qu’on s’en fout complètement, considérant qu’ils seront tous trucidés par l’impitoyable « double O ».

Mr. Giant: Présenté tout au long du film comme un miroir sertit de lumières alien-esques, notre grand patron diabolique se révèle finalement comme étant une ironie de plus, puisque c’est également un nain. Comme il est moins nain que Weng Weng, il finira évidemment par perdre.

Docteur Kohler: Concepteur de la bombe « N » qui est kidnappé par Mr. Giant afin de (probablement) servir à la conquête du monde. Il ressemble à un vieux napoléon qui aurait ingéré trop de burgers.

Q: Fournisseur désinvolte de gadgets tous acabits, passant du chapeau téléguidé à la sarbacane pour nains.

« Ça, je sais plus trop c’que ça fait. »

Cette magnifique semi-parodie (je ne l’avoue que du bout des lèvres, car l’aspect comique transcende vraiment l’impulsion originellement voulue) s’ouvre sur notre héros, l’agent secret double-O, qui fait du parcours (vous savez, sauter partout en milieu urbain) sur maintes poutrelles en ciment avant de s’immobiliser avec grâce dans un mémorable gel d’écran, pendant qu’une douce mélodie philippine chatouille nos oreilles…

Mais assez de mélodrame, passons à l’action! Une fois notre cher nain dûment présenté au public, les choses s’enchaînent. Alors qu’il se prélasse dans sa piscine avec quelques putes, ils reçoit un appel urgent du commissariat sur sa montre (on voit au passage la main croûtée de l’acteur qui nous coupe l’appétit), qui lui somme de venir cueillir quelques gadgets pour vaincre ses prochains ennemis.

Une fois bien grayé, comme diraient nos ancêtres, notre nain national se rend INTUITIVEMENT dans un stationnement quelconque, et découvre un tireur dans un immeuble grâce à un regard jeté sur un rétroviseur. N’écoutant que son courage, Weng Weng parvient à sauver la cible, qui sert de taupe pour la police dans une organisation criminelle.

Après avoir fait l’amour aux mamelons de Weng, notre amie déballe son sac sur la disparition du docteur Kohler et sur les réelles intentions de Mr. Giant, maintenant détenteur du génie de la bombe atomique.

Je vous ai promis des mamelons, et je livre des mamelons. Point final.

S’enchaîneront alors de multiples combats hilarants contre les « méchants », avec du kung-fu nain, des claques sur les fesses qui assomment, des plans ingénieux impliquant une tyrolienne pour semer les gens dans les grandes-roues, de la danse disco, un mini-cercueil, des bottes à lames et des pétards à mèche bruyants qui n’alertent jamais personne (les gardiens sont tous sourds, évidemment), un meurtre du haut d’une glissade de piscine qui se termine en bombe ainsi qu’une épique confrontation de sabres!

Le mien est plus gros que le tien.

Les scènes d’anthologie se succèderont également, avec un Weng Weng sans merci qui n’hésite pas à glisser sur le sol à de trop nombreuses reprises (et à se péter la tête sur un mur en s’exclamant « Ow, my little head! » à un certain moment) pour assassiner ses assaillants. Il refusera également d’avouer qu’il est une bête de sexe et perdra les pédales contre un chauffeur de taxi qui tombe en panne, y allant même d’un coup de pied magistral sur l’aile avant pour signifier son mécontentement.

Évidemment, le tout est encore saupoudré de combats nains…

Le film s’étirera avec une surdose de scènes répétitives à la fin, mais cela vaut le coup, ne serait-ce que pour voir Irma mourir et Weng rencontrer une nouvelle maîtresse.

  • Exterminer de manière LÉTALE est bien pire que d’exterminer tout court.
  • Un jour, nous pourrions nous réveiller et réaliser que nous sommes morts.
  • Fumer par les narines est un signe de gangstérisme.
  • Le lien le plus pertinent pour illustrer la petitesse de taille d’un homme est de le comparer directement à une patate.
  • Les grands magnats de la finance qui possèdent une compagnie minière qui extrait de l’or n’ont aucune réticence à rencontrer un groupe de personnes louches dans une ruelle sombre alors qu’ils sont complètement seuls.
  • Il suffit d’un minuscule nuage de fumée pour faire perdre connaissance à un groupe de malfaiteurs. Par contre, la victime à sauver pourra s’en tirer indemne en respirant à travers un mouchoir.
  • Les appareils technologiques qui émettent des ondes se doivent de clignoter constamment.
  • Sortir rapidement d’un buisson est une action qui s’accompagne de l’effet sonore « bouing-g-g-g ».
  • Les méchants de petit acabit gardent sur eux un papier dessiné au crayon de cire qui marque en grosses lettres « HIDDEN ISLAND » ainsi que les directions pour se rendre au quartier général secret.

Conférence officielle sur HIDDEN ISLAND.

  • Un nain et une femme en talons hauts peuvent facilement semer des malfrats émérites.

  • Roulez-vous sur le sol devant l’absurdité de la panoplie de gadgets présentés à notre agent secret favori, dont une paire de lunettes en apparence banale, qui se révèlera comme très utile plus tard car elle permet de… VOIR LES GENS NUS?!?! Mais à quoi DIABLE cela peut-il bien servir? Dès que Weng Weng reçoit ce petit bijou, il s’empresse de l’enfiler pour yeuxter les secrétaires de l’endroit. Il sera ensuite pris de remords et rira comme une fillette en se plaquant mollement les mains sur le bouche. Tu fais bien d’avoir honte, petit chenapan!

    Heureusement, le tout servira éventuellement, alors que notre ami parviendra à voir des malfaiteurs (nus…) derrière un rideau, prêts à l’attaque, ce qui lui facilitera la tâche pour les descendre.

  • Déconcertez-vous devant un lancer du chapeau qui cause la fuite de pas moins de quatre badauds bien mûrs. Ils ont des fusils, ils connaissent le kung-fu, mais ils n’ont pas de chapeau, ça non! Cette petite merveille plane comme une soucoupe volante des années cinquante et inflige des douleurs atroces à ceux qu’elle touche, en cisaillant des entailles digne des plus horribles « paper cuts ».

    « Non! Tout mais pas le chapeau! »

  • Assistez à une cascade enlevante lorsque Weng Weng, dans une ultime tentative pour échapper à des malfrats à qui il aurait probablement pu passer le KO en un tournemain, se jette en bas d’un immeuble en utilisant un PARAPLUIE pour planer. Ça y est les amis, Mary Poppins a été détrônée.

    … … Bien sûr.

  • Mettez fin à d’interminables années de souffrances cinématographiques en voyant enfin ce que vous réclamez depuis que la septième art existe: est-ce un oiseau?, est-ce un avion?, non, c’est UN NAIN EN JET-PACK

– Notre héros est tout simplement sublime. Quel néant dans ses yeux, quelle béatitude céleste! Des yeux lustrés, vides, incapables de nuance; une expression inexistante, un visage mou, non-maléable, qui garde sa forme originelle. Hormis quelques petits rires à donner des frissons dans le dos, Weng Weng offre une performance d’absence, ce qui pousse son personnage à un niveau d’absurdité beaucoup plus élevé que le seul fait d’être nain. Un constant déclencheur d’éclats de rire.

– Les dialogues, évidemment mal doublés, sont souvent assez douteux. « Ce crayon à l’encre peut s’avérer fatal, mais si vous vous en servez pour écrire, j’aurai travaillé sur ce prototype pour rien », par exemple, nous laisse pantois. Homme de peu de mots (son mentor le félicitera d’ailleurs sur ce point), Weng vient appuyer sa performance déjà pâlotte par des répliques étonnamment vides de sens ou trop directes. Bref, aucune nuance, et on en raffole!

– Malheureusement, les 30 dernières minutes sont plutôt pénibles. Le film qui brillait par ses surprises constantes devient fade et répétitif. Nous sentons qu’ils peinent à se rendre à une heure et demie…

 

Nécessairement un incontournable du cinéma d’espionnage ridicule, qui mise sur un tas de scènes d’anthologie et sur des personnages extrêmement durs à cerner qui viennent amplifier l’effet comique. Un peu inégal pour la fin, mais néanmoins très divertissant.

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