Rat Scratch Fever

Fiche Technique

  • Titre
    Rat Scratch Fever
  • Date de sortie
    2011
  • Réalisé par
    Jeff Leroy
  • Acteurs
    Phoebe Dollar, Tasha Tacosa, Ford Austin, Randal Malone.
  • Durée
    1h30
  • Genre
    Horreur/Apocalyptique

Jeff Leroy, maître incontesté des miniatures et maquettes en carton, délaisse temporairement les minables films érotiques soft se déroulant en prison (Werewolves in a Woman’s Prison, Dracula in a women’s prison…) pour se  dévouer à son magnum opus. C’est dans l’élaboration de ce dernier qu’il nous fera l’étalage de son immense talent pour l’art visuel, par le truchement de sa technique de superposition de stock-shots de rats en CGI, de sa facilité à balancer des marionnettes de rats sur diverses voitures téléguidées et décors en plastique en équilibre précaire ainsi qu’à son abus éhonté de la fonction copier-coller de son logiciel de montage.

Uniques comme des flocons de neige.

Sonja: Astronaute émérite infectée par la peste interstellaire qui parvient à revenir sur la planète, nous condamnant tous à la mort. Elle est également particulièrement charmante lorsqu’elle recrache une bouchée de boeuf haché.

Jake: Amoureux éperdu de la femme aux rats et membre des forces spéciales américaines manifestement en dépression depuis six mois à manger du macaroni en s’avachissant sur son fauteuil.

Dr. Steele: Propriétaire d’une compagnie privée qui organise des voyages dans l’espace. Brûlé au huitième degré au visage suite à un accident de fusée, il n’est maintenant qu’un squelette obèse avec un masque en caoutchouc et des lunettes fumées qui ne cesse de nous aveugler avec ses maudites mains en métal qui nous réflètent toujours la lumière environnante dans les yeux.

L’équipe élite: Agents armés de diverses armes à feu et bazookas en plastique qui déambulent ça et là en tirant à qui mieux-mieux, faisant fi de potentiels dommages collatéraux.

L’assistante: Bras droit de Dr. Steele, elle n’a qu’une expression faciale, qui consiste en une forme de moue exaspérée qui semble dire « cinquante piastre c’était vraiment pas assez pour tout le temps que je perds ici ».

Les soldats: Glorieux individus en tenues camouflage qui passent leurs journées à piloter des camions miniatures à l’aide de leurs volants directionnels en guidons de bicyclettes. Leurs visages laissent paraître toute l’excitation qui les habite à moisir dans un environnement tapissé de boutons en plastique aux mille couleurs et de circuit boards collés aux murs. Leur mode de communication, hautement technologique, s’effectue par l’entremise de casques téléphoniques de service à la clientèle.

« Bonjour, armée des États-Unis à l’appareil, comment puis-je vous aider? »

Bienvenu sur la planète X, située tout juste derrière la planète Mars, talonnant Jupiter, et jusqu’ici absolument indétectée pour une raison quelconque par les astronomes (qui en sont pourtant à explorer des galaxies lointaines).

Appréciez ce nouveau schéma enfin mis à jour par l’élite scientifique, qui nous démontre enfin que Venus et Mercure n’existent pas.

Cette planète jusqu’ici inexplorée serait habitée par une espèce de rat mutante avec ses propres moeurs et coutumes, qui désire initier un premier contact sous forme d’attaque groupée. Les peluches de rongeurs se butent cependant à une résistance de la part des astronautes venus offrir des mitraillettes en offrande à ce nouveau peuple.

Les astronautes explosent à la moindre morsure sous forme d’un nuage rouge conçu à l’ordinateur avec quelques éléments photographiques d’un plat de pâtes savamment ajouté à l’ensemble.

Ce nouvel échec d’échange culturel force le retour de la seule survivante, manifestement virulemment infectée, qui fait tout en son pouvoir pour éviter les tests médicaux et préfère répandre la nouvelle maladie afin d’apaiser le rat qui a pris logis au plus profond de ses entrailles, en s’expulsant subito-presto de son vaisseau en descente.

Rapidement, les rats mutants ainsi relâchés décident de s’abattre sur la ville de Los angeles, qui, pour l’occasion, prend des airs de gigantesque maquette jonchée de crânes.

L’armée et le Dr.Steele tenteront de les arrêter à bord de leurs camions militaires à missiles (ou à coups de crosse de mitraillettes).

Il me semble avoir déjà vu cette image quelque part…

  • Sur leur planète d’origine, les rats érigent des totems, à la manière des premières nations d’Amérique.

  • Les immeubles sont en carton.
  • Il existe à bord des vaisseaux millitaires un jeu vidéo qui consiste à tirer des lasers sur des dessins animés de souris.

  • Ground control peut suivre les signes vitaux des astronautes en temps réel sans électrodes ni senseurs, sur un écran parsemé de chiffres avec DES CODES DE COULEUR.

  • La terre est entourée d’un halo de lumière cyan fluo.
  • Répondre au téléphone avec une main en métal les fait exploser spontanément.

  • Les hiéroglyphes de rats sont bien plus élaborés que ceux des égyptiens.

  • Il est tout à faire approprié pour un lecteur de nouvelles de faire des blagues de fromage lorsqu’il rapporte des attaques de rats mutants ayant causé de nombreuses morts.
  • Il existe des machines capable de détecter l’empreinte unique de la chaleur qu’on émet et qui permet de nous identifier par son truchement à la manière d’empreintes digitales.

Et ce même au travers d’une couverture, tout en s’accompagnant d’une photo d’archive de notre visage.

  • Être dans un blindé est loin d’être optimal pour sa protection si on laisse les portes débarrées.
  • Un amoncellement disparate de kegs et de tabourets de bar ne constitue pas, contre toute attente, un agencement susceptible de barricader une porte avec succès.
  • Les astronautes de la NASA prennent leur photo devant un décor en carton chez Sears.

  • Le décorum des agents spéciaux des forces américaines force l’habillement hautement officiel qui consiste en une chemise à carreaux blanche et rouge mal ajustée, un veston brun laid en corduroy et une paire de jeans troués.
  • Les détonations d’arme à feu produisent une épouvantable lumière aveuglante.

  • Peu importe la puissance ou la précision des missiles balancés d’un vaisseau en plastique à l’autre, c’est le pilote qui lance le one-liner le plus intimidant qui va gagner la confrontation.
  • Les tableaux de bord de la NASA sont éclairés par des lampes de chevet.

On a plus les budgets d’exploration spatiale qu’on avait…

  • Demander quelques litres de notre sang à boire à même notre poignet est une requête tout à fait acceptable à recevoir lors d’une deuxième date.

  • Rendez-vous à l’évidence que vous êtes un peuple conquis alors que les rats mutants poussent même l’audace jusqu’à commencer à vendre des voitures Rodentia à la télé avant même la fin de l’invasion, confirmant ainsi leur prise de contrôle des télécommunications.

  • Attristez-vous des conséquences meurtrières du texting au volant de voitures téléguidées.

  • Questionnez la négligence de parents et propriétaires honteux qui laissent leur progéniture et leurs animaux de compagnie sans surveillance.

    Parent: « Bon, au moins, j’ai encore mon chat… »

    « … shit. »

  • Admirez le flegme d’un lecteur de nouvelles qui rapporte avec calme, sérénité et pictogrammes de rats les évènements funestes qui s’abattent sur la ville, et bientôt sur le plays entier!

  • Constatez le plaisir manifeste qu’entretiennent les rats à fendre leurs ennemis en deux, que ce soit par la boîte crânienne afin d’opérer le corps tel un chauffeur de tractopelle, ou par le corps au complet afin d’admirer la superposition du visage de l’actrice qui manque cruellement son angle.

– L’effort mis dans les décors et les effets spéciaux pourris est continuel, sans répit, si bien qu’on se fait mitrailler d’évènements, de massacres et de situations stupides sans aucun relâchement tout au long du film. Un rare fait d’arme pour un opus à aussi maigre budget.

– L’amateurisme des effets d’ordinateur ne fait que décupler le ridicule du film, déjà supporté par de solides séquences de maquettes qui rejoignent les confins de la galaxie de l’absurde.

Un très solide effort sans aucun relâchement qui permet à Jeff Leroy de surpasser ses autres daubes du même acabit (Alien 3000, Psychon Invaders, Creepies) par une marge confortable!

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